
Digoin (Denegontium, Digonium, dans les chartes du moyen âge) est très ancien. Une branche de la voie romaine d’Autun à Toulon y aboutissait. On a fréquemment trouvé, aux environs de cette ville et dans la Loire, des armes et divers objets qui dénotent une haute antiquité. Cependant, aux yeux du voyageur, rien n’atteste de l’antique origine de Digoin, si ce n’est le clocher de son église. Les baies à plein cintre de ce clocher, ornées de colonnes et de pilastres à chapiteaux sculptés, ainsi que les colonnettes ornementées du contour du chœur, indiquent qu’il a été élevé sous la période byzantine, c'est-à-dire dans le cours du XIè siècle, de l’an 1 000 à l’an 1 090, seconde époque du style roman.
A l’intérieur de cette église existe une tombe sur laquelle on lit ces mots : Ci-gît Pierre Lhuilier, ancien géographe du roi, mort en l’an 1 070, âgé de 75 ans. L’histoire ne dit ni le lieu de sa naissance, ni ce qu’il fut à Digoin ; ce qu’il y a de certain, c’est qu’il fut un bienfaiteur du pays, peut-être le fondateur de l’église. En 765, Pepin, victorieux de Gaifre, comte d’Auvergne, rentre dans l’Autunois en passant par Digoin. Pendant les guerres des Armagnacs avec les Bourguignons, Digoin souffrit beaucoup des incursions des premiers ; durant les troubles de la Ligue, il fut pris et repris plusieurs fois. Ses fortifications furent détruites par les royalistes. Un lieutenant des Ligueurs, nommé d’Ornaison, s’étant emparé de Digoin, fut investi, au mois de juillet 1593, par les barons de Saligny et d’Amanzé, et brûlé avec les siens dans une forteresse où il s’était enfermé, au lieu appelé encore aujourd’hui La Tour.
La commune de Digoin faisait partie de l’ancien diocèse d’Autun et de l’Archiprêtré de Semur-en-Brionnais. L’église et le tiers de la paroisse étaient du bailliage de Semur et de la baronie de La Motte-Saint-Jean, le reste dépendait du bailliage de Charolles et de la justice du prieuré de Paray. La haute justice que les moines de Paray exerçaient encore, en 1789, sur une partie de Digoin, leur appartenait en vertu d’une transaction faite, en 1312, entre leur couvent et Guillaume, chevalier, seigneur de Marillon. Ce traité, approuvé par Henri de Fautrières, abbé de Cluny, porte que « la haute justice en débat appartiendra au sire Morillon dans les villages de Digoin et de la Brierette, les moines réservant la basse justice et le tiers dans les profits des marchés et des deux foires de Saint-Georges et de Saint-Martin. Ledit seigneur donnera les mesures de sel et de vin, et jouira du droit de banvin pendant un mois »

(Le Pont Canal)
Digoin, chef-lieu de canton est situé à peu de distance du confluent de l’Arroux et de la Loire, et de l’embouchure du canal du Centre et du canal latéral à la Loire, qui sont mis en communication par un beau pont aqueduc. Le canal de Roanne (à Digoin) donne ses eaux au canal latéral. Cette commune se tient à distance de 25 km ouest de Charolles, chef-lieu d’arrondissement, 77 km ouest – nord-ouest de Mâcon, chef-lieu du département et 89 km sud – ouest de Chalon. Sur une superficie cadastrale de 1 831 hect., dont 781 en terres labourables, 259 en bois, 134 en prés, 119 en friches, 42 en vignes, 51 en canaux et autres pièces d’eau et 86 en rivières et ruisseaux. Chef-lieu de perception et de bureau de poste.
On
y trouve de nombreux chantiers pour la construction de bateaux (le transport
par eau des marchandises occupe la majeure partie de la population de la
ville), un entrepôt considérable de marchandises, des carrières fournissant de
la pierre à chaux de qualité dite hydraulique ainsi que des marnières
abondantes. Par ailleurs il y a, à Digoin, trois beaux moulins sur la Bourbince
(au hameau de Neuzy),une fabrique de soierie, trois bureaux de tabac, un débit
de poudre, un hôpital, un bureau de bienfaisance, une maison d’éducation
dirigée par les sœurs de la congrégation de Nevers, une salle d’asile de
l’enfance, une école publique dirigée par les Frères Maristes, un juge de paix,
un commissaire de police, une brigade de gendarmerie, un octroi municipal, un
receveur de l’enregistrement, un receveur de la navigation, un receveur à
cheval, un notaire, deux médecins, une pharmacie, trois sages-femmes, un relais
de poste aux chevaux, une église (voc. Saint Georges, martyr en Orient)
Foires les 7 janvier, samedi gras, 19 avril, 10 juin, 22 juillet, 28 août, 29 novembre (vente de bétail). Marché le vendredi de chaque semaine.
Quatre routes principales aboutissent à Digoin, à savoir : la route impériale n°79, de Nevers à Genève ; la route départementale n°9, de Chalon ; celle n°15, de Roanne par Marcigny ; enfin celle de Moulins par Diou et Dompierre. On traverse la Loire sur un pont suspendu.

Ce canton est borné au nord par le canton de Gueugnon, à l’est et au sud-est par celui de Paray, au sud et au sud-ouest par le département de l’Allier dont il est séparé par la Loire, renferme cinq communes, à savoir : Saint-Agnan, Digoin, Saint-Germain-des-Rives, La Motte-Saint-Jean et Varennes-Reuillon. Il est arrosé par l’Arroux, la Bourbince et l’Arconce. Sa superficie cadastrale est de 9 707 hect. dont, 4 670 en terres labourables, 979 en prés, 505 en vignes, 2 310 en bois et 809 en terres incultes, landes et pâtures. Il fut cadastré une première en 1809 et l’a été de nouveau en 1841.
(Le Pont Canal)
Les Curés de Digoin
-
C. GUYNET (dernier acte en octobre 1636).
- Jean SERRURIER (premier acte en nov. 1635, dernier acte en mars 1671). Son écriture est typique du XVIIè siècle. Durant cette période, on trouve quelques actes rédigés avec une écriture «moderne» par le vicaire Paul MAUBLANC.
- François THOUVANT (premier acte en mars 1671, décédé à Digoin le 4 février 1694). C. PAUTHONIER, vicaire, tient les registres jusqu'au 31 déc. 1694.
- Pierre BOURIN (premier acte le 2 janvier 1695, décédé à Digoin le 23 octobre 1709). DESCHAMPS, vicaire, tient le registre jusqu'à la nomination du curé suivant.
- Joseph MEUNIER (premier acte le 4 mai 1710, décédé à Digoin le 17 septembre 1719 âgé d'environ 44 ans). CHEVALIER, vicaire, tient les registres jusqu'à la nomination du curé suivant.
- Claude Michel CHEVALLIER (premier acte le 8 janvier 1720, décédé à Digoin le 21 mai 1736). BACQUELOT, vicaire, et CHARCOSSET-DUMONT, chanoine attitré, tiennent les registres jusqu'à la nomination du curé suivant.
- VATEL (premier acte le 28 septembre 1736). A partir de début 1738, on ne trouve plus d'actes de VATEL, nommé dans une cure en Normandie. CHARCOSSET, vicaire, tient à nouveau les registres jusqu'à la nomination du curé suivant.
- Jean RUFFET (premier acte le 10 mars 1738, décédé à Digoin le 2 septembre 1778 âgé d'environ 68 ans). L'écriture de ce curé est assez pénible avec beaucoup de lettres en rondeur. Dans la seconde moitié de son ministère, les actes du curé se font de plus en plus rares, il laisse à ses vicaires successifs le soin de la rédaction, entre autres LAFAYE, ROUILLE, MALLET, DESFORGES, PILLIN et DAGONNIN. Dans les dernières années, il se contente de parapher la fin du registre. Le vicaire DAGONNIN tient les registres jusqu'à la nomination du curé suivant.
- ANDRE (premier acte le 1er février 1779, dernier acte 24 octobre 1784). À partir de 1785 et jusqu'à la fin de 1788, les actes sont signés FORESTIER vicaire, puis FORESTIER desservant.
- CLEMENT (il prend possession de la cure le 3 décembre 1788, premier acte le 1er janvier 1789, dernier acte le 10 avril 1791). Le curé refuse de prêter serment. Il vise le registre en présence de l'officier municipal le 21 avril 1791.
- Claude GALON (premier acte le 21 avril 1791, dernier acte le 22 février 1792). Ce curé est élu par les Digoinais. Il commence son registre de 1791 par le titre « Époque de la Liberté ». Un autre prêtre constitutionnel, Nicolas REBREGET signe les actes à partir de fin février 1792.

Parmi les
hommes recommandables que Digoin a produits, on distingue :
- Le général Maynaud de Lavaux, né le 8 août 1751, qui, après avoir fait les guerres de St Dominique, fut président du Conseil des Anciens en 1798, puis envoyé à la Guadeloupe en 1799, en qualité de commissaire du Directoire exécutif, et enfin élu député en 1822 par l’arrondissement de Mâcon.
- Le comte Maynaud de Pancemont, né en 1755, qui fut président à mortier au prlement de Bourgogne, premier président de la cour d’appel de Nîmes, député de l’arrondissement de Charolles dans les Cent-Jours et conseiller d’état.
- M. Maynaud de Poncemont, frère des précédents, qui mourut évêque de Vannes en 1808.
-
Département de Saône-et-Loire – Dictionnaire des communes – C. Ragut – Res
Universis 1992.
- Description des communes du département de Saône-et-Loire – M. Monnier – 1856.
- Etude des Curés de DIGOIN par
M. Luc FRAPPAT
(La Mairie)